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Entre les plis
Cet espace présente un atelier en mouvement.
Un lieu de gestes qui prennent du temps.
Je suis éducatrice spécialisée de formation et de métier.
Mais bien avant cela, le papier est entré dans ma vie.
Très tôt, le pliage est devenu pour moi un lieu de possible :
un endroit où composer avec les traces, les erreurs, la fragilité.
Le papier garde la mémoire des gestes.
Il se transforme.
Plier, c'est accepter de ralentir.
Écouter la matière, s'écouter.
Composer avec ce qui est déjà là.
L'atelier Kelmain est fait de gestes, de temps et d'attention.
Rien n'est figé ici.
Le chemin se poursuit, pli après pli.
Origami — une histoire vivante
L'art du pliage du papier est ancien et multiple. Il ne naît pas d'un seul lieu ni d'une seule époque, mais d'un cheminement culturel partagé à travers le monde.
Les origines en Chine
Le papier apparaît en Chine au cours du IIᵉ siècle de notre ère, durant la dynastie Han. Son perfectionnement est traditionnellement attribué à Cai Lun, haut fonctionnaire impérial, qui améliore les techniques de fabrication à partir de fibres végétales.
Très tôt, le papier n'est pas seulement un support d'écriture. Il est plié et transformé dans différents contextes :
- symboliques, lorsque des formes simples accompagnent des intentions de protection ou de passage ;
- rituels, notamment dans les pratiques funéraires, où des papiers pliés ou brûlés sont offerts aux ancêtres ou au monde des esprits ;
- décoratifs, pour orner cérémonies, fêtes saisonnières et événements familiaux.
Le papier arrive au Japon
Le papier arrive au Japon vers le VIᵉ siècle, via la Chine et la Corée, avec le bouddhisme et les savoirs artisanaux. Le papier japonais (washi), particulièrement résistant et souple, favorise le développement du pliage.
Celui-ci s'inscrit progressivement dans plusieurs sphères :
- rituelle et religieuse, avec des pliages utilisés dans les sanctuaires shinto, comme les gohei ou les noshi accompagnant les offrandes ;
- cérémonielle, lors des mariages, des rites de passage et des échanges symboliques ;
- domestique et éducative, par la transmission orale et gestuelle au sein des familles.
De la tradition à l'art moderne
Ce n'est qu'à la fin du XVIIIᵉ siècle que paraissent les premiers ouvrages décrivant des modèles précis, comme Senbazuru Orikata (1797), consacré au pliage de la grue. Le terme origami — issu de oru (plier) et kami (papier) — s'impose progressivement comme désignation générique.
L'origami en Europe
Au XIXᵉ siècle, le pédagogue allemand Friedrich Fröbel, fondateur du jardin d'enfants, développe des activités fondées sur la manipulation, le pliage et la transformation des formes. Le papier devient un support pour comprendre la géométrie, structurer l'espace, développer la motricité fine.
Le XXᵉ siècle : une transformation majeure
L'origami devient un champ de recherche interdisciplinaire, à la croisée de l'art, des mathématiques, de l'architecture et de l'ingénierie. Des figures comme Akira Yoshizawa contribuent à faire reconnaître l'origami comme art à part entière.
L'origami est aujourd'hui utilisé dans des domaines concrets : panneaux solaires déployables, structures architecturales pliantes, dispositifs médicaux, recherches sur les matériaux intelligents.
Une histoire qui continue
L'origami n'appartient à aucun pays. Il circule, se transforme, s'enrichit des cultures qu'il traverse. Plier le papier, c'est entrer dans une histoire vivante, faite de gestes transmis, de recherches partagées et de chemins singuliers.